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AFRIQUE DU SUD - Park Kruger

Il faut se lever tôt pour vivre les plus belles scènes.

Réveil à 4h00 pour sortir dès l’ouverture des portes du camp. Il fait encore nuit, je quitte le camp de Lower Sabie, phares allumés roulant doucement, à l’affût. La nuit, on voit le reflet des phares dans les yeux des animaux... un lièvre passe, court devant la voiture... mais ce n’est pas lui que je cherche. J’espère, je rêve de croiser ce beau félin, gracile et véloce : Le guépard.

Il est vu tous les jours dans cette zone... mais quelques-uns seulement ont la chance de l’apercevoir ou de l’observer plus longuement. Il est vu tous les jours sur cette route... encore faut-il croiser son chemin. Le choix de l’itinéraire, intersection, trois chemins possibles... je pars à droite.

Petit à petit le jour se lève, les couleurs prennent vie mais tout est encore sombre. Les herbes sont hautes sur les bords de la route. Comment repérer un animal dans ce fatras. Je regarde devant, à gauche, à droite. Essayant de ne laisser passer aucune tache suspecte, aucun mouvement révélateur d’une présence animale. J’avance à faible allure, attentif. Les fenêtres légèrement ouvertes laissent pénétrer le courant d’air frais du petit matin, ainsi que les cris des oiseaux. Les teintes roses du ciel commencent à éclairer la savane. Un tronc posé dans les herbes a une allure de lion. Je m’assure de ma confusion puis repars doucement.

Soudain ils sont là, enfin... deux guépards sur la piste. Ils marchent tranquillement. On voit leurs épaules saillir l’une après l’autre. Ils se déplacent avec lenteur. Du guépard, j’avais l’image du chasseur, l’animal terrestre le plus rapide qui court à près de 110km/h... j’ai découvert alors la grâce, la douceur de la démarche. Prendre des photos ou profiter de la scène... toujours le même dilemme. La lumière est encore faible alors je regarde, j’observe leurs mouvements.  L’un après l’autre, ils s’assoient puis s’allongent sur la piste, me laissant le temps de les admirer. Ils font quelques mouvements avec leur queue, baillent puis se relèvent. Le premier disparaît dans la broussaille. Vite, il est temps d’ouvrir ses yeux et de se créer des souvenirs car déjà cet instant va prendre fin. Le second se lève, me regarde, puis tourne la tête et prend à son tour le chemin du souvenir.

Et voilà, à peine franchie cette barrière d’herbes, les voilà invisibles. 5h00 du matin, la journée est déjà réussie grâce à se moment unique, moment magique. Maintenant tout ne sera que bonus à moins que...

Et ce soir, trotteront dans ma tête deux guépards en mouvement, calmes, majestueux.