> Accueil

ALASKA (1) - Découverte de la faune

Découvrez à travers une série de quatre reportages, un superbe récit de Philippe Ricordel, un amateur passionné de photographie.

 

Anchorage : 15h30 heure locale. Le ciel est gris et bas, quelques gouttes d’eau frappent le hublot de l’appareil. Dans quelques minutes, nous nous poserons après environ 9 heures de vol. Ceci sans compter le vol d’une heure et demie entre Paris et Francfort. Ce n’est que le début d’un long périple en Alaska qui nous mènera d’Anchorage à Seward, puis la péninsule de Katmaï et enfin au parc national de Denali.
La location de voiture est une formalité, nous sommes aux Etats-Unis - même si l’Alaska reste un état un peu à part. Du moment que l’on possède une carte de crédit, tout va bien. Départ pour Seward dans la foulée... nous avons réservé une chambre d’hôte par internet, le nom de l’endroit vaut un programme à lui tout seul, le lac de l’ours … 120 miles à faire. Il pleut. Le paysage est grandiose nous devinons des sommets au travers des nappes de nuages poussées par le vent. Après 2 h de route nous sommes arrivés. L’endroit est en retrait, au bord d’un lac, deux hydravions sont là, attachés à l’embarcadère près de la maison qui nous héberge.
Je réserve un tour en bateau à la journée pour dans 2 jours, là je sens que le lendemain la météo sera toujours aussi détestable. Pas grave mais tant qu’a faire si on peut avoir la sortie en mer par temps calme avec un rayon de soleil…

Après une nuit agitée (décalage horaire de 10h avec Paris oblige) : nous partons pour une ballade. Nous ne rencontrerons pas d’ours, juste un aigle, un écureuil et quelques limicoles. Il ne fait ni chaud ni froid, il pleuvine de tant à autre. Nous avons de quoi faire face avec les vestes imperméables et les couches de polaires. Le matériel photo est de la sortie : ce ne sont pas 3 gouttes qui vont le gêner.

8 h, la route jusqu’au bateau nous prend 10 bonnes minutes. Départ du port de Seward pour la journée et la sortie en mer. L’objectif est d’aller jusqu’à un des nombreux glaciers proches de la ville en passant près de points d’observation. Nous ne sommes pas déçus, le matin est gris et froid, le vent relatif engendré par la vitesse du bateau nous cingle le visage. Nous apercevons un aigle à tête blanche posé sur une arête rocheuse, le bateau s’en approche à allure réduite. La lumière est « dégeu », quelques images quand même pour le souvenir. Le vent se lève un peu, au fur et à mesure que nous quittons le fjord. Le soleil en profite pour faire son apparition, bonne pioche ! Au même instant, nous apercevons des loutres de mer. Le bateau met en panne pour ne pas les effrayer, mais immédiatement celui-ci se met à tanguer et rouler doucement, pas de mal de mer à craindre normalement, mais avec l’œil dans le viseur derrière un gros téléobjectif, les effets sont décuplés. Un autre photographe serait rapidement malade. Je suis à la limite de la nausée.

Une baleine est aperçue, nous allons tourner plus d’une heure sur les lieux, nous n’apercevrons sa caudale qu’à deux reprises.
Nous croisons quelques phoques sur des rochers, un lion de mer aussi furtivement entrevu. Nous passons à proximité d’un lieu de nidification pour les oiseaux pélagiques, pingouin torda, puffins (2), mouette tridactyle sont là, l’ensemble créant un brouhaha joyeux à peine perturbé par notre arrivée. Bon nombre d’oiseaux sont à la pêche, visiblement les petits sont nés et la priorité de leurs parents est d’aller pêcher, de préférence à proximité, afin de les nourrir.

Nous arrivons à proximité du glacier qui dévale la montagne tel un fleuve puissant pour finir sa course dans la mer. Nous sommes au fond d’une sorte de fjord ouvert, la mer est lisse comme un miroir, de nombreux glaçons flottent alentour, ultimes témoins des blocs de glace qui se détachent journellement du glacier. Le spectacle est grandiose. Des craquements se font entendre en permanence, des grondements semblent provenir du plus profond des entrailles du glacier qui nous fait face. De temps à autre, un claquement sec annonce le détachement d’un morceau de celui-ci. Un grondement succède au claquement et un morceau s’écroule dans la mer faisant jaillir des gerbes d’eau.  

Le capitaine nous fait cadeau de sa pêche du jour, un énorme glaçon ! C’est lourd et c’est froid, après la photo souvenir il repartira bien vite à l’eau.

Après le déjeuner nous repartons, il y a des orques dans le secteur et un petit vient de naitre quelques jours auparavant, Les voir serait un sacré coup de chance. Nous naviguons à allure réduite en prenant le chemin du retour quand les orques sont signalés. Ils sont loin, ils se déplacent assez vite. Nous manœuvrons pour essayer d’avoir une trajectoire tangentielle, pas évident. Nous nous approcherons néanmoins assez près pour pouvoir distinguer la belle couleur orangée du petit. Les orques sont blancs et noir, sauf à la naissance où le blanc est une sorte d’orangé plus ou moins soutenu.