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COMORES - Mohéli : la fête de la tortue

A la croisée des cultures, découvrez une des fêtes traditionnelles des Comores

L’île de Mohéli est la plus petite et la plus sauvage des quatre îles de l’archipel des Comores. Située au carrefour géographique de plusieurs mondes, l’île s’est enrichie culturellement d’influences africaines, arabes et malgaches.

La population, authentique, accueillante et paisible, pratique un islam modéré. Aux fêtes traditionnelles variées s’ajoutent quelques manifestations locales qui contribuent à dynamiser la vie des habitants : danses folkloriques, tam-tam bœuf, et plus récemment, la fête de la tortue.

C’est à l’occasion des 10 ans de la fête de la tortue que je suis invité à me rendre à Mohéli. Cette grande fête annuelle est organisée dans le village d’Itsamia, par une association locale dynamique, l’ADSEI (Association pour le Développement Socio-Economique d’Itsamia).

Cette association villageoise a fait de la préservation des tortues marines son cheval de bataille. Elle mène depuis plusieurs années une lutte acharnée contre les braconniers qui sévissent sur les plages de ponte bordant le village. Elle tente également de développer un éco-tourisme basé sur la présence des tortues marines, qui viennent pondre chaque nuit sur les plages d’Itsamia. Des bungalows ont été construits pour accueillir les touristes, et des jeunes du village se sont improvisés éco-guides. Cette activité est devenue en quelques années un symbole de réussite pour ce village isolé.

Chaque année, la fête de la tortue attire une foule qui débarque des quatre coins de l’île en taxi-brousse. Durant 3 jours, des activités sont organisées : défilé d’enfants déguisés qui dansent au son des tambours, concours de dessins de tortues marines sur la plage, course de buénis (nom local désignant « la femme »).

Le soir venu, M’rengé et tam-tam bœuf échauffent les esprits, précédant le grand « bal poussière » attendu de tous. Le M’rengé, combat bref à mains nues entre les jeunes hommes de villages voisins est très apprécié. Cette coutume locale est censée régler les conflits entre villageois. C’est surtout l’occasion pour les jeunes hommes de faire la démonstration de leur force et leur courage, devant un public en extase.

Autre activité prisée, le tam-tam bœuf : un boeuf, attaché solidement, est soumis au vacarme des tam-tams et aux danses provocatrices des hommes de tous ages. Excité par cette longue agitation, le bœuf est lâché dans les rues étroites du village, au milieu de la foule en délire. Là encore, le courage et la témérité des jeunes hommes détermineront les héros d’un soir, prétendants de choix pour les danses du bal…