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CONGO - Les pousseurs de vélo hors norme

L'épopée africaine de Virgile Charlot : épisode 9

Les bayendas, pousseurs de vélo hors-norme

Au cœur de la République Démocratique du Congo, les routes n’existent pas, ou plus. Seuls quelques tracés sablonneux, parfois de simples sentiers permettent de se déplacer à travers l’immensité du territoire, l’un des plus vastes d’Afrique. Quelques ponts permettent tout juste de franchir les nombreuses rivières qui sillonnent la campagne. Des villes parfois proches sont coupées les unes des autres par l’absence de moyens de communication. Seuls quelques camions tout terrain d’un autre âge risquent parfois le passage d’une ville à une autre. Ils sont très rares, surchargés et transportent souvent sur leur toit quelques passagers.

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Dans ces conditions extraordinaires, les piétons sont plus rapides que les véhicules qui s’enlisent, se brisent et tombent en panne. Il faut le voir pour le croire. Le vélo s’avère donc être le meilleur moyen de transport pour les marchandises.

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Ce sont donc les bayendas -littéralement « hommes forts »-  qui ravitaillent les villes et des villages enclavés en poussant leurs vélos chargés de marchandises (huile, maïs, riz, sel etc.) à travers les sables, de colline en colline, de village en village. Parfois 2 ou 3, la charge qu’ils poussent peut atteindre jusqu’à 400 kilos par vélo et les voyages qu’ils assurent peuvent durer plusieurs semaines et se dérouler sur des centaines de kilomètres. Le bénéfice de ce labeur reste très modeste.

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Ce sont ces hommes qui ont rendu ma traversée de la RDC possible, en m’indiquant les raccourcis et les chemins praticables. Dans les campagnes brûlantes ou sous de grands manguiers gardiens d’une fraîcheur exquise, j’ai passé de longs moments à discuter avec ces hommes  et à pousser mon vélo à leurs côtés. Sans doute les moments les plus poignants du voyage.

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