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COREE du NORD - 10 choses à savoir avant

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5) Peut-on communiquer avec l'extérieur quand on est à l'intérieur ?

Oui, assez facilement, même. Depuis cette année, les téléphones portables sont autorisés à l'intérieur et les hôtels vendent des cartes SIM (environ 30 euros) pour les étrangers.  En revanche, utiliser une ligne fixe est possible mais  onéreux.  Internet et 3G sont disponibles au cas par cas, et dans tous les cas très chers. A oublier pour l'instant. A noter enfin qu'il est possible d'envoyer des cartes postales depuis Pyongyang. Les nôtres sont arrivées après un mois.

 

6) Est-on surveillé ?

Oui, bien sûr. Sans parler de micros ou de caméras cachés dans les chambres (et si vous en trouvez, c'est  une autre bonne histoire à raconter), il faut savoir que les guides nous ont toujours à l'oeil. Nous avions trois nord-coréens avec nous en permanence qui nous ont tous , l'air de rien et au détour d'une visite, interrogés sur nos boulots, notre famille, notre opinion sur les tensions géopolitiques en cours…  

 

7) Est-ce que l'on nous montre une vérité arrangée ?

Ce serait un long débat. Mieux vaut, avant d'entrer en Corée du Nord, se fendre de quelques lectures intéressantes. Population contrôlée, camps de travail, agressivité politique… tout ça n'est évidemment pas mis en avant et les itinéraires sont soignés. A Pyongyang, par exemple, les bus ne peuvent emprunter que certains axes, ou doivent, s'ils s'en éloignent,  déclarer leur parcours avant. 

 Sans sombrer dans l'angélisme et sans perdre tout esprit critique, nous estimons cependant que nous avons vu en Corée suffisamment de choses pour avoir une idée du pays différente et plus approfondie que la seule image de "menace potentielle" diffusée par les grands médias. Des images de vie citadine, de vie rurale, de vie plus ou moins normale dont on ne réalisait pas l'existence avant et qui sont toujours touchantes. 

 

8) La propagande ?

… est partout. Une des vraies curiosités, à Pyongyang, est d'ailleurs de voir comment la ville, plutôt grise, est absolument vierge de publicités et d'enseignes, et que les seuls panneaux colorés sont ceux des affiches de propagande. Si vous discutez avec des Nord-Coréens, vous constaterez de vous-même les différences de conception du monde. Vous pouvez toujours essayer de les faire changer de point de vue. Mais il y a peu de chances que vous réussissiez à défaire en six jours une vie de croyances différentes. "Croyances" est d'ailleurs un mot qui semble assez approprié. C'est en effet assez facile de juger le système nord-coréen en utilisant les clés religieuses : icônes, figures paternalistes, histoire racontée avec un trop grand H, lieux de culte... Comprenez bien qu'il s'agit d'une grille de lecture, non d'une comparaison. 

 

9) Est-ce dangereux ?

Très honnêtement, non. Le degré de chaperonage rend de toute manière le sentiment de sécurité très prégnant, voire un peu trop. Concernant la Corée du nord, il faut aussi différencier la communication politique et la réalité des mouvements à l'intérieur du pays, qui n'ont souvent rien à voir. Pour avoir une information fiable, préférez aux médias un renseignement pris auprès d'occidentaux qui ont un pied dans le pays. L'ambassade britannique, par exemple. Ou une agence habituée.

Pour l'anecdote, on lit souvent, de la part de touristes visiteurs de la zone démilitarisée (DMZ, frontière avec la Corée du Sud) que la tension est "ici à couper au couteau". On aimerait modestement rappeler que si ça craignait tant que ça, les autorités sur place (US, sud et nord-coréennes) ne feraient pas venir les touristes. 

 

10) Est-ce que l'on peut prendre des photos ? des vidéos ?

Réponse, oui. C'est peut-être la question que l'on nous a le plus posée. Vous pouvez à peu près tout rentrer en Corée du nord (appareils photo et toute la gamme d'objectifs, smartphones, petites caméras, laptops, e-books) et photographier ou filmer énormément de choses. Les guides vous diront quand c'est interdit.  Les règles de base sont  : 1) pas d'installations militaires , 2) demander la permission aux gens photographiés en cas de portraits et 3) pas de photos recadrée des Kim (il faut toujours prendre toute la statue, sinon c'est un manque de respect).

Nous avons sorti pour notre part 1500 images. 

Le problème concernant les photos et vidéos est de toute façon celui du passage de la douane, où l'autorité de l'officier est suprême si celui-ci a décidé de vous ennuyer. Notre guide anglais nous avait conseillé de montrer pattes blanches en posant sur la table les cartes mémoires, de manière à ce qu'elles soient offertes à l'inspection. Le douanier n'a pas daigné les regarder. 

Plus pragmatiquement, même le douanier nord-coréen doit vivre avec son monde. Et il est aujourd'hui impossible de contrôler tous les fichiers, étant donnée l'abondance d'images numériques… Avec nos 1500 images, nous étions petits joueurs comparés à d'autres...