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DJIBOUTI - Sur la route du Goubet

Dans le Goubet Al Kharab (on prononce le t) ou gouffre des démons surgit l’Ile du Diable… Les noms de ces lieux laissent présager de l’ambiance qui y règne. L’homme n’est pas vraiment à sa place ici.

 


Départ de Djibouti, très vite, je me retrouve sur une grande ligne droite couverte de camions transportant à leur rythme leurs marchandises vers l’Ethiopie. Quelques dépassements plus tard, je dois m’arrêter pour laisser passer un dromadaire qui a décidé de traverser à ce moment-là. Les camions disparaissent à l’intersection qui me conduira vers le Goubet.
Cette route permet de découvrir des paysages somptueux, elle monte largement au-dessus du niveau de la mer pour y redescendre de manière assez abrupte. La faune djiboutienne répond à l’appel. On peut voir les superbes gazelles de Pelzeln, des gazelles girafes, des dik dik etc.


 
On peut surtout observer les campements des nomades, leurs daboïtas (habitations traditionnelles), les jeunes enfants conduisant les troupeaux de chèvres, les femmes chassant les babouins avec des jets de pierres ou puisant de l’eau au milieu de ce paysage extrêmement aride. Et dire qu’à une centaine de kilomètres, une ville n’arrête pas de se moderniser. Ici le temps semble s’être arrêté.


 
Un instant j’aperçois au loin et bien en contrebas l’étendue blanche du Lac Assal, puis commence la descente. Une petite pause au bord d’un canyon vertigineux… Enfin les points de vue sur le Goubet Al Kharab arrivent. On voit l’Ile du Diable et sa petite sœur, volcans sortis des eaux. On perçoit au loin la passe qui fait de ce lieu une mer presque indépendante. De nombreuses légendes circulent sur le Goubet, on y trouverait des monstres marins… J’y ai déjà rencontré des raies mantas et des requins baleines… c’est déjà bien.


La route longe maintenant la mer puis se pare de roche volcanique noire, craquelée. Cette route semble passer sur une autre planète, une planète où le sol est noir, où il fait une chaleur étouffante et où le vent souffle sans jamais s’arrêter.

La route est fissurée, c’est ici que passe la faille du rift. On perçoit les mouvements du terrain. Tout a bougé, s’est brisé, les roches sont montées les unes sur les autres, se sont redressées. On se sent minuscule face aux forces en présences, vraiment…

Le Goubet, encore un lieu exceptionnel qu’offre Djibouti, un lieu sauvage où l’on peut se retrouver seul, sans personne. Il faut profiter de ces endroits avant que leur potentiel touristique soit exploité. La solitude dans des endroits uniques est un luxe que je savoure pleinement.