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EGYPTE - Mer Rouge en Famille...

Premier sommet pour Juliette !
 
 
Voici venu le mois de Novembre... Après une saison bien remplie d’aventures alpines, nous ressentons le besoin de partir loin des crampons, des piolets, de la neige et de la glace.
La destination est choisie, on part en mer Rouge en famille, accompagnés d’amis. L’idée est de rendre visite à la vie sous marine, moyennant quelques artifices : bouteille d’air comprimé, palme, masque et combinaison néoprène. Quel changement pour nous qui sommes plus habitués à brasser du matériel de montagne.
On choisit le village de Taba pour établir notre camp de base. Taba est situé à l’extrémité nord du golfe d’Aqaba à proximité de la frontière israélienne, sur la corne Est de la mer rouge. C’est une zone sensible ,aux frontières entre Egypte et Israël. On va rapidement se rendre compte que la libre circulation n’est pas de mise dans cette partie du territoire : contrôles d’identités fréquents, circulation non accompagnée presque impossible. La tension est partout présente.
 
 
Les fonds marins sont très beaux, riches et poissonneux. La nature a paré ces poissons de couleurs éclatantes. Les plongées peu profondes d’une vingtaine de mètres tout au plus permettent de bénéficier d’un éclairage qui rend toute sa splendeur à la vie sous marine.
Après quelques journées passées sous de la surface de la mer, l’appel du grand air se fait sentir. Les montagnes du Sinaï ne sont pas si loin. Si on trouve un minibus et un chauffeur, on devrait - en franchissant quelques barrages et contrôles d’identités - pouvoir s’y rendre. C’est un départ matinal qui nous attend. Notre fille Juliette a deux ans et demi, elle sera de la partie.  Trois heures de route dans des paysages magnifiques de montagne et désert où l'on rencontre de fréquents campements de Bédouins. Entre wadis et hauts plateaux, les Bédouins sont l’âme de ce désert aux multiples couleurs.

La route se termine devant le monastère Sainte Catherine. C’est un important monastère orthodoxe au pied des pentes du mont Sinaï et l'un des plus anciens monastères au monde encore en activité. Il compte une vingtaine de moines, d'origine Grecque pour l'essentiel. Il est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité établie par l'Unesco depuis 2002. C’est depuis ce monastère que l’on entreprend l’ascension du deuxième sommet de la péninsule, le mont Moise ou montagne de Moussa qui culmine à 2 285 m.Deux chemins principaux mènent au sommet ; le moins long et le moins escarpé s’appelle Siket El Bashait, il faut environ deux heures et demi à pied pour le parcourir ; l’autre route, surnommée la route aux 3 750 marches « pas de la pénitence », ou Siket Sayidna Musa passe dans le ravin derrière le monastère.
Nous sommes sept pour ce périple. On prend un guide local qui, voyant un enfant en bas âge, nous propose de faire une partie du chemin en mettant Juliette sur le dos d’un dromadaire. J’avoue qu’en voyant revenir le guide avec cet immense animal, j’avais du mal à imaginer mettre ma fille seule à une telle hauteur sur un chemin escarpé. Après une brève discussion gestuelle, j’ai compris qu’ils allaient l’envelopper dans une étoffe nouée sur la selle du dromadaire. Juliette, l’œil inquiet, observait la scène en se doutant de la nouvelle idée que ses parents allaient lui proposer. Heureusement, elle commence à bien nous connaître et elle s’accoutume assez facilement de  nouvelles expériences quelquefois surprenantes ! Nous décidons donc d’accorder toute notre confiance à notre guide. Après tout, les Bédouins déplacent campement et famille à dos de dromadaire, ils n’en sont pas à leur première expérience.

 
 
L’équipe se met en route. Juliette a l’air d’apprécier la balade, bercée par le pas chaloupé de son dromadaire. Après une heure et demie, le chemin devient très escarpé, il faut laisser notre ami quadrupède et tout le monde poursuit à pied ou sur les épaules pour Juliette.
 
 
Personne au sommet, l’émotion en haut de cette montagne est semblable à celle ressentie sur d’autres sommets mythiques. La lumière est belle, le paysage grandiose. Les wadis s’entremêlent aux montagnes, la couleur ocre domine.

 
Après quelques minutes de contemplation, Juliette s’endort épuisée par son ascension.
C’est un bel endroit, on ne peut s’empêcher d’imaginer des lignes d’ascensions en escalade sur les sommets voisins. De quoi susciter des rêves et pourquoi pas une nouvelle visite.
La descente par la Siket Sayidna Musa est extraordinairement variée et belle. C’est une succession de failles, canyons, et vestiges d’anciennes constructions.

 
La journée se termine. Les montagnes du Sinaï sont belles, passer plusieurs journées à randonner ou grimper sont dans les projets de toute l’équipe. Alors comme on dit là bas : Inch’Allah.