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INDE - La vie, la mort et le Gange

leur mort, les hindous de Varanasi espèrent pouvoir se purifier pour rejoindre leur mère Ganga, le Gange.

S’opère ainsi pour ceux qui en ont les moyens et qui n’en sont pas dispensés (car ils sont déjà purs : les enfants, les femmes enceintes, les hommes-tronc, les sages Babus, les lépreux), une cérémonie surprenante pour nos yeux d’européens.

La cérémonie mortuaire consiste en une double purification. Par l’eau du Gange et par le feu.

Le corps enroulé dans des draps de soie brodés est porté jusqu’au fleuve, y est baigné pendant que la famille récite une prière et ouvre la bouche du défunt pour que sa dernière boisson soit sacrée.

Ensuite le corps est sorti de l’eau et placé sur du bois, puis recouvert de bois. Trois heures et environ et 350 kilos de bois plus tard, les cendres et les hanches (qui ne brûlent pas bien) sont récupérées et portées au centre de la mère Ganga, pour plonger au cœur de la pureté.

Ces crémations, qui s’opèrent 24 heures sur 24, se font dans un lieu public et chacun est autorisé à y assister (mais pas à filmer ni à photographier), et c’est ainsi que nous avons assisté à la crémation d’une femme dont nous ne vîmes d’abord que les jambes dépasser du foyer, puis plus tard, portées avec application, les hanches encore fumantes et allant rejoindre le lit du fleuve.

Un moment éprouvant pour nous, mais émouvant pour les indiens hindouistes qui réunissent ainsi toutes les chances pour permettre au défunt d’accéder enfin à la pureté éternelle et non de se réincarner encore une fois.

Nous avons également été piégés par Vârânasî. Nous voulions y rester 3 jours, nous y avons passé plus de neuf jours. Mais notre mental d’acier de voyageur chevronné a su nous sortir de ces ruelles, de ces ghâts, de ces toits d’immeubles où les gens vivent, jouent aux cartes, prennent le thé, et font du cerf-volant.

Et y dansent parfois pour certains.

Nous avons ainsi laissé derrière nous le Gange au mieux de sa forme, les vaches qui obstruent le passage de toute leur largeur dans les rues, les odeurs âcres de lait caillé et les rabatteurs qui voulaient absolument nous offrir un chai dans leur magasin de soierie et de souvenirs pour touriste.

Nous avons par la même occasion abandonné le train comme moyen de transport officiel, se trouvant une belle moto pour continuer notre périple comme nous aimons le vivre : au hasard des routes et des rencontres improbables.

Direction le Nord, l’Himalaya, les monastères bouddhistes perdus dans les montagnes, et rendez-vous le mois prochain pour le second épisode.

Nos vêtements testés :

Femme : AMALI UV - ILORI
Homme : TROY - RAHIM - FATHI UV