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INDE - Le Saser Kangri n'a pas voulu

Le Saser kangri n’a pas voulu…

3 août 2012 - nous sommes sur la montagne depuis maintenant plus d’une semaine. Aujourd’hui, nous allons faire notre 4ème et dernier portage vers le camp 1 à 5400 m.

Nous avons décidé de tous nous installer là-haut, cuistots compris….nous en avons marre de cette interminable moraine…et puis, sur le glacier, on voit tout l’itinéraire du Cloud Peak et l’ensemble du cirque glaciaire des Saser.

Depuis notre arrivée, le temps est au beau fixe, le sommet dégagé…on en prend plein les yeux et on se met à rêver… Mais ce 3 août, la neige fait son apparition. Qu’à cela ne tienne, on fait quand même un premier portage et un dépôt de matériel vers 5800 m en direction du camp 2.

Nous ne le savons pas encore, mais la neige ne nous quittera plus jusqu’à notre départ de la montagne, le 17 août !

Tous les jours, il neigera…et les sommets seront rarement dégagés et visibles. Au fil des jours, la neige fraiche s’accumule en altitude, gêne notre progression et retarde la tentative vers le sommet.

Tout doucement, malgré tout, nous progressons. Camp 2 à 6000 m puis portages et trace sur l’arête et l’éperon. Là est semble-t-il le passage clé et technique…1000 m de pentes en glace surmontées par un éperon en mixte de 3 à 400 m…et ce sera le camp 3 à 7000 m !

Le 10 août, le temps semble pas mal…et nous partons vers le haut, en direction du camp 3, bien décidé à ne plus redescendre avant d’avoir atteint le sommet…

Mais au fil des heures, la météo se dégrade et la neige « journalière » revient… Le moral chute un peu, mais nous restons décidés à attendre notre chance au camp 3 !

11 août - 7000 m., la neige tombe presque sans interruption…les sommets sont invisibles. Il neigera toute la nuit et au petit matin, tout est bouché…

12 août - il n’a quasiment pas cessé de neiger depuis notre arrivée… autour des tentes, nous enfonçons jusqu’aux genoux et au dessus de nous, la visibilité est nulle…

La décision s’impose à nous…mais elle est difficile à prendre ; risque d’avalanche – trop de neige à brasser pour avancer – visibilité quasi nulle…
Il faut redescendre… Nos chances d’atteindre le sommet sont nulles et la prise de risque très importante.

Et voilà, la fin de l’aventure se profile à l’horizon…il nous restera à redescendre puis à déséquiper les camps avant de rejoindre la vallée.
Nous sommes un peu amers et déçus d’avoir échoué si près du but mais cet été-là, le Saser n’a pas voulu…et la chance ne nous a pas souri !

Au final, nous estimons avoir tout tenté et il reste une bien belle aventure humaine et le plaisir d’avoir partagé de belles histoires et des émotions…et puis nous sommes tous redescendus de la montagne.

Là est certainement l’essentiel !

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