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JAPON - Le festival Gion Matsuri

Cela fait maintenant qu’un peu plus de 7 mois que le Japon a été touché par ce qui restera une des plus grande catastrophe naturelle qu’ait connu le pays. Catastrophe naturelle doublée d’un danger nucléaire, ce dernier ayant plus qu’ébranlé les certitudes des citoyens nippons. Cependant, nous avons tous pu constater le calme apparent de ceux-ci face à ces événements ainsi qu’une dignité, qui me surprend toujours.Il faut dire que le Japon a l’habitude de faire face aux tragédies (épidémies, tremblement de terre, inondations) et ce depuis plusieurs siècles. Mais leur perception est différente de la nôtre et du souvenir douloureux, ils sont capables de passer à une commémoration symbolique et festive. C’est le cas du Gion Matsuri de Kyoto qui se déroule chaque année au mois de juillet. Et c’est là que je vous emmène.

Le Gion Matsuri de Kyoto est certainement un des festivals les plus anciens au Japon et aussi un des plus important, sinon le plus important. Son origine remonte à l’année 869 en réponse à une épidémie de peste dévastatrice. Ces cérémonies et prières seront ainsi répétées chaque fois qu’un malheur se manifestera à l’encontre du Japon. (Kyoto était alors la capitale impériale du Japon).La manifestation devint annuelle vers la fin du Xème siècle, puis d’une cérémonie purement religieuse, elle devint rapidement un lieu de rencontre pour les marchands qui venaient montrer leur opulence. Bientôt des artistes, des musiciens vinrent se mêler aux célébrations et ainsi au fil des siècles le festival se développa. Vers le 17ème siècle, afin d’enjoliver les chariots et ainsi de rendre hommage aux dieux tout en renforçant le coté festif des cérémonies, ceux-ci se retrouvèrent parés de riches tissus et d’ornements provenant de Chine, de Perse, de Corée, de Hollande et même de France.

Les cérémonies se déroulent tout au long du mois de juillet avec le premier temps fort qui est la procession des lanternes (Omukae-Chochin). La procession "Yamahoko-Junko" des 32 chariots sur les avenues de Kyoto en est l'autre grande étape. . 

Il fait chaud et humide à Kyoto au mois de juillet, quand je dis chaud c’est vraiment chaud, les 32-33° C sont monnaie courante et la pluie vient s’en mêler en fin de journée lorsque les gros nuages n’ayant cessé de s’accumuler de la journée crèvent enfin, libérant parfois de véritables trombes d’eau. Parapluie recommandé, chaussures étanches, vêtements légers et respirant de rigueur (voir liste des vêtements pour climat chaud et humide).

Ou alors, il faut adopter la mode locale, le kimono léger de coton, le Yukata, et les chaussures surélevées, les Geta. Par ailleurs, il est assez courant de croiser des japonais de tous âges avec ce type de vêtement durant le Matsuri, les musiciens juchés sur certains des chars revêtent un Yukata identique afin de renforcer l’identification à l’association en charge de l’aménagement du char et de l’animation autour de celui-ci.

On peut également rencontrer des élégantes portant des kimonos plus traditionnel avec de superbes obi (Nœud de soie fermant le kimono).

Au fur et à mesure que la journée s’avance il y a de plus en plus de monde dans les rues. Tout se vend, tout s’achète, du kimono à l’éventail de collection, des saucisses grillées aux beignets, en passant par des ombrelles, et autres. Mais l’atmosphère est bon enfant : pas d’invectives, pas de bousculade, ça bloque parfois un peu mais toute cette foule finit par s’écouler, passant d’une rue à l’autre, mangeant sur le trottoir en oubliant presque la retenue d’habitude rencontrée au Japon.

Comme la nuit tombe les lanternes suspendues aux chars sont allumées et donnent à ceux-ci une autre stature, plus irréelle et plus intemporelle à la fois. L’on se croirait revenu aux temps anciens où seules ces lanternes éclairaient les rues et ruelles de la ville de Kyoto, dispensant une lumière douce et colorée, décorées d’idéogrammes, les kanjis, qui rappellent les prières, elles sont de la couleur chaude du papier de riz qui les compose ou encore teinte en rouge.

Au détour d’une rue, surprise !  Un stand tenu par des maikos (des apprenties geishas ). Je savais que Kyoto possédait encore des écoles de geishas mais ne m'attendais pas à en rencontrer. On remarquera le maquillage spécifique porté par celles-ci, poudre de riz pour obtenir une peau très blanche, avec un dessin très particulier au niveau du cou, le rouge flamboyant des lèvres et les broches à cheveux florales (kanzashi qui doivent changer tous les mois, comme le kimono d’ailleurs).

Je préfère me souvenir de la rencontre avec l’une d’entre elles dans les rues du vieux Kyoto, l’atmosphère y était plus intime et en un mot plus authentique.