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MAROC – Départ de trek mouvementé

Bonne route ! Derniers mots prononcés par le chauffeur du camion qui transporte nos trois mules. Nous quittons Imlil pour rejoindre le point de départ aux environs d'Agadir.
L'itinéraire est simple ; franchir le Tizi N'Test puis descendre sur Taroudant puis Agadir par la plaine du Souss.
Je connais cette route aux innombrables virages, et je suis un peu inquiet pour les bêtes qui passeront pas moins de 6 heures ballotées dans la benne. Une blessure à l'une d'entre elles pourrait remettre en cause le voyage, ou en tout cas son organisation.
L'œil dans le rétro, je précède le camion en voiture avec le reste du matériel. Le paysage retient mon attention, je perd le camion de vue.

Dans un des grands virages du col, je fais une pause là où la vue est bien dégagée. Pas de camion à l'horizon, je pense alors que le chauffeur prend bien soin des bêtes et roule doucement. Je poursuis ma route jusqu'aux abords de la plaine du Souss où la chaleur écrasante m'impose une petite sieste/thé à l'ombre des Arganiers.
J'en suis tiré assez brutalement par le téléphone; le chauffeur me dit être à 40 km du point de rendez vous...et il ne m'a pas doublé! Il a simplement pris une autre route, avec moins de virages et plus rapide... et m'a mis 120 km dans la vue !

J'arrive au rendez vous avec un certain retard. Dans la précipitation, le lieu du bivouac est un peu improvisé à la nuit tombante (il sera d'ailleurs qualifié de « décharge » par Nathalie).
En plus de l'espace et de la vue dégagée, il offre l'avantage d'un super marché du bricolage, on y trouves de tout et en quantité; ficelles en tous genre, bouts de cuir, ferrailles, vieux sacs de farine ou de grain éventrés, gamelles diverses... . Lahcen, notre « Cuimugui » (cuisinier/muletier/guide en un seul homme) se sert abondamment pour compléter le harnachement des mules et prévoir le pire.

Le lendemain, levés bien avant l'aube, la théière chuchote sur le feu qui fume beaucoup. Le tas de matériel et de nourriture est impressionnant. Lahcen ne connaît pas la région que nous allons traverser, et moi non plus. Alors en hommes prévoyants, nous emportons le nécessaire pour 10 jours d'autonomie.

Chaque chose trouve sa place dans les paniers, et à la surprise de Lahcen, nous donnons un nom aux bêtes :
- Gourmande, la jeune mule de Lahcen qui n'arrête pas de manger, quoi que ce soit qui se mange ou pas dés qu'elle le peut, et si l'occasion se présente elle n'hésitera pas une seconde à mordre dans le sac à pain ou dans le melon sans surveillance,
- Zitoune (olive, qui sera surnommée plus tard "la sage") est la plus expérimentée et la plus têtue des trois (ce matin il a fallu l'immobiliser avec une corde pour pouvoir l'approcher, ça promet),