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MONGOLIE - L'eau (fraîche) et les nomades

 
 
 
 
Oulan-Bator, dont le nom tel quel n'est pas forcément prisé des locaux (car "russifié", les Mongols écrivent Ulaanbaatar), est une ville qui ne s'impose pas forcément pour la fraîcheur de son air, son architecture et la qualité de vie générale. Le centre-ville s'organise tant bien que mal autour de cette très soviétique Peace Avenue que les marques étrangères essaient  de s'approprier à grand renfort de panneaux publicitaires. La place Suche Bator, toute à la gloire à Gengis Khan, est menacée par un hôtel aux arêtes tranchantes. "Un couteau chinois qui découpe le symbole du pays", rigole la jeunesse aisée de ce quartier central. Mieux vaut en rire, peut-être.
 
 
Passons donc sur le centre-ville. Celui-ci est rapidement derrière nous, et on entre alors dans la surprenante ceinture de la ville. Des kilomètres de logements précaires - yourtes ou maisonnettes en planches - entourent Oulan-Bator sur plusieurs cercles concentriques, non sans créer un dangereux nuage de fumée issu du chauffage au charbon de bois. Nomades sédentarisés victimes d'un monde qui change et d'une crise économique qui n'en finit plus, ils ont dessiné ces nouveaux quartiers qui font plus que jamais de la capitale le centre névralgique d'un pays par ailleurs vide et sauvage. Autrement dit préservé. 
 
En effet, à deux heures de route (enfin, "route", façon de parler…) d'Oulan-Bator, le ciel se dégage. Les contours des montagnes deviennent nettes et on constate le vide des steppes sur plusieurs kilomètres. Il faut à notre guide plusieurs essais pour retrouver la bonne piste qui mène à la famille d'Inche.
Installés aux environs de Batsumber, ces nomades changent de campement deux fois par an. Le logement d'hiver comprend une maison en bois, une yourte et une grange pour les animaux.  Inche est éleveur de chevaux. Il en présentera deux aux courses de qualification du Nadaam, cette grande fête nationale où plusieurs jeux traditionnels sont à l'honneur, quelques semaines après notre départ.  
 
 
 
Nous passons trois nuits sur place. Dans une yourte qui se refroidit incroyablement vite quand la dernière bûche s'est consumée. Ici, le mode de vie n'a que peu évolué en un siècle. Et certes, un panneau solaire ici, une batterie pour la la télé là, et un véhicule 4x4 là-bas au loin nous rappelle qu'on est bel et bien au 21e siècle. Le thé au lait salé, l'absence d'eau courante et la traite des vaches deux fois par jour, en revanche, nous renvoient quelques années en arrière. On ne vivrait pas comme ça tous les jours, certes, mais la moitié d'une semaine, là, ça fait un bien fou.
 
 
C'est pour ça que l'on remercie la Mongolie, coincée entre ces deux rouleaux compresseurs que sont la Chine et la Russie, d'avoir su garder son authenticité et ses paysages merveilleux.
 
 

Nos vêtements testés :

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