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NOUVELLE ZELANDE - Portrait...

Portrait : Jérôme Guillotel, le français au pays des kiwis

 


C’est par le plus grand des hasards que nous avons rencontré Jérôme Guillotel dans le parc national de Tongariro. D’origine française, Jérôme vit en Nouvelle Zélande depuis maintenant 11 ans et y a trouvé un équilibre parfait avec sa femme Zita (française également) et ses 2 filles.

Ce n’est pas qu’une expression : Jérôme est réellement au pays des kiwis. A 39 ans, il est une figure importante du parc national. Employé au Department Of Conservation (l’équivalent de l’ONF en France), Jérôme travaille au sein de la section « biodiversité ». Sa mission est une des plus précieuses et sans doute une des plus importantes dans ce pays : s’assurer de la survie et du repeuplement du kiwi.

Cet animal emblématique de la Nouvelle Zélande est aujourd’hui plus que menacé et risque de disparaître. Fragile et vulnérable, le kiwi connaît beaucoup trop de prédateurs introduits par l’homme dans les forêts (fouines, hermines, chiens sauvages, etc.) et sa survie ne tient qu’aux efforts déployés par le DOC pour le protéger.

Jérôme consacre le plus clair de son temps à explorer les forêts denses du parc national pour étudier et aider le kiwi à retrouver une place privilégiée dans sa forêt. Au quotidien, équipé d’un matériel sophistique, Jérôme s’aventure dans des forêts de 20 000 hectares pour débusquer le kiwi. Equipé de son quad et de son antenne radio, Jérôme va au plus proche des territoires connus des kiwis et retrouve la trace des animaux possédant un émetteur. Après de longues heures de marche dans le bush, parfois si dense qu’il est impossible de voir à 3 mètres, Jérôme réussit à retrouver les kiwis et recense l’évolution de ceux-ci. Changement d’émetteur, mesure de la taille et du poids, check up de santé permettent à Jérôme de savoir comment évolue le kiwi dans son environnement.

Animal nocturne et vivant en terrier, le kiwi est un oiseau endémique pas comme les autres. Il ne possède pour aile qu’une petite protubérance de peau qui ne lui permet pas de voler. Il possède en revanche des pattes puissantes avec lesquelles il court dans les buissons et se creuse un abri. La femelle peut pondre 2 œufs (qui représentent un tiers de son poids) jusqu’à 2 fois par an. C’est en revanche le mâle qui les incube pendant 78 jours. A la naissance, le kiwi est alors rapidement livré à lui-même et devra apprendre seul à survivre et à se nourrir d’insectes grâce à son bec long et fin. Il existe 5 espèces de kiwi, mais le plus connu dans l’île du nord reste le kiwi brun, les autres espèces (le kiwi Pukupuku, le Spotted kiwi, le Roroa, le Tokoeka) vivent dans l’île du sud ou sur les îles qui bordent la Nouvelle Zélande comme les îles Malborough, Kapiti Island.

Il y a encore un siècle, le kiwi se comptait par milliers dans les forêts néozélandaises, il n’en reste aujourd’hui plus que quelques centaines. Si le kiwi est adapté à son environnement naturel, c’est contre l’homme et ses erreurs qu’il n’a su se protéger. L’introduction par l’homme de prédateurs terrestres a participé au génocide du kiwi. Aujourd’hui, le DOC et des experts comme Jérôme tentent de réparer cette grave erreur et s’y emploient chaque jour avec énergie.