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SUEDE - L'Eldorado du campeur

Voyage en transsibérien avec Marion Martineau et Virgile Charlot : épisode 1

Partis en auto-stop depuis le Jura direction Moscou dans l’idée d’embarquer à bord du transsibérien pour regagner la Chine, la Suède n’était pas franchement sur notre route. Mais l’auto-stop a ses raisons que la raison ignore.

Alors que nous tentions de rejoindre Berlin, coincés en périphérie de Hambourg, un Finnois convoyant une grosse berline vers le Nord nous déposa à Rostock, ancien port de l’ex RDA dont il nous restait de souvenirs que quelques bribes de cours d’histoire datant du lycée. Le moral dans les chaussettes car lavés par la pluie fine qui tombait sans discontinuer depuis plusieurs jours, notre salut fut maritime. Un ferry nous conduisit à Trelleborg, de l’autre côté de la mer du Nord, où nous débarquâmes sous un franc soleil qui réchauffa immédiatement nos carcasses encore humides de l’Allemagne.

La Suède… Imaginez un pays où chacun peut planter sa tente où bon lui semble sans craindre d’être houspillé par qui que se soit : sur la plage et face à la mer, dans une épaisse forêt ou au bord d’un lac magnifique, partout, partout ou encore partout ; un pays où l’on peut de plein droit pêcher et allumer un feu pour faire griller son poisson, où l’on est invité à ramasser des myrtilles dans les bosquets alentours.

La Suède est l’un des rares pays du monde (avec la Norvège et la Finlande) où s’applique l’allemansrätt, un droit d’accès à la nature, c’est à dire un droit de tout un chacun de profiter de la nature et de ses fruits. Protégé par la constitution suédoise depuis 1994, ce droit d’usage permet à chacun de disposer d’un accès aux espaces naturels, y comprit les espaces privés. Dans ces conditions, aucun propriétaire terrien ne saurait interdire le passage d’une personne sur ses terres dans la mesure où son terrain ne subit aucun préjudice.

Pour nous autres campeurs, ce droit coutumier fut notre Eldorado et fit notre bonheur, nous permettant de bivouaquer dans de moelleuses forêts ou sur les plages, bercés par le clapotis des vagues, à l’abri du vent derrière de gros rochers.