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Voyager en transsibérien

Trucs et Astuce de Marion Martineau et Virgile Charlot.

Le transsibérien, train mythique long de plus de 9288 kilomètres, connecte Moscou à Vladivostok et Pékin. Rien qu’à son évocation, l’esprit vagabonde vers les immenses steppes sibériennes et déjà l’on veut resserrer son col de veste en frissonnant à l’idée de l’hiver glacial. Mais comment se passe la vie à bord et comment se procurer un billet ? Voici un petit mode d’emploi pour voyager en transsibérien.

1/ L’achat des billets

Si vous avez décidé de voyager une semaine à bord du transsibérien, un billet unique de Moscou à Vladivostok fera parfaitement l’affaire. Malheureusement, si vous en décidez autrement, et que vous souhaitez faire quelques haltes en chemin, il n’existe pas de billet offrant la possibilité de monter et descendre du train quand bon vous semble. Les billets s’achètent tronçon par tronçon, selon les stops souhaités. Par exemple : Moscou-Tomsk, puis, Tomsk-Irkoutsk, puis Irkoutsk-Pékin ou Vladivostok.
Attention : l’ouverture des réservations commence seulement 45 jours avant le départ. La compagnie des trains russes possède un site Internet où il est possible d’acheter son billet en ligne (www.rzd.ru). Mais, à moins de lire et de parler couramment le russe, ce site s’avère un peu compliqué. D’autres sites anglophones (comme russianrailways.com) proposent la vente de billets électroniques en ligne avec un surcoût de 30%…  Si vous n’avez pas d’impératifs de dates et que les défis linguistiques ne vous font pas peurs, prendre son billet au guichet de la gare s’avère le moyen le plus simple et le moins onéreux. Si vous ne parlez pas un traître mot de russe, préparez votre entrevue avec la guichetière en écrivant en cyrillique sur un bout de papier les informations suivantes :

Date et heure de départ / gare de départ / gare d’arrivée / nombre de billets / classe désirée.

N’oubliez pas votre passeport car la guichetière en aura besoin pour imprimer le billet. Autre petit piège, les horaires de train et les horloges en gare sont toujours à l’heure de Moscou, même au fin fond de la Sibérie. Assurez vous bien d’avoir pris en compte le décalage horaire avant de vous rendre à la gare !

2/ Voyager à bord du transsibérien

 Trois classes sont proposées à bord du transsibérien :
  • La première classe dite spalny vagon, composée de 2 couchettes par compartiment.
  • La deuxième classe dite Koupé, composée de 4 couchettes par compartiment.
  • La troisième classe dite platskartny se compose de 4 couchettes par compartiment non fermé et de couchettes dans le couloir qui se replient pour former une petite tablette et deux sièges.
Pendant notre voyage, notre choix s’est porté sur la troisième classe où l’air circule bien, surtout en été quand la chaleur monte terriblement, et où, les rencontres sont facilités par l’absence de cloison.

Tous les compartiments possèdent une petite table où les voyageurs peuvent déposer leurs provisions. Les bagages se rangent sous les couchettes du bas dans un grand coffre pouvant contenir l’équivalent d’un gros sac a dos où bien au dessus de la couchette du haut.

Dès votre montée à bord, la prodvonista (l’hôtesse du wagon) prend votre billet de train et vous le redonne juste avant votre arrivée en gare. Pourquoi ? Personne n’en connaît la raison… Elle vous fournit également des draps et une serviette de toilette. Véritable maîtresse à bord, elle est très respectée et  il ne faut pas hésiter à s’adresser à elle pour toute question, à condition bien sur de maîtriser le Russe ou les rudiments de la langue des signes.

Le samovar est la pièce centrale du wagon : bouilloire géante à charbon, il dispense de l’eau chaude (attention aux brûlures !) à tout heure du jour et de la nuit, permettant de préparer toute une panoplie de mets déshydratés (noodles, purée etc.) très répandus en Russie et de boire thés et café à volonté.

Environ 4 fois par jour, le train s’arrête en gare 20 à 30 minutes, laissant aux voyageurs l’occasion de se délasser les jambes et de faire le plein de provisions auprès des babouchka s’activant sur les quais. Tout le monde se presse pour acheter des raviolis frais et du poisson fumé, de la bière et des cornichons. Pour être sur de ne pas louper l’heure de la pause, tous les arrêts sont inscrits sur une feuille de route affichée en face de la cabine de la prodvonista.

Il ne vous reste plus qu’à prendre vos billets et à vous laissez bercer par l’ondulation du train filant vers de nouvelles découvertes.